Archives de Catégorie: Culture

Warszawa

Hier j’évoquais le « Café Zamek », situé à Varsovie en Pologne, comme étant le restaurant le plus sophistiqué dans lequel j’avais dîné.

En effet, l’été dernier, je suis allée avec mon ami H. visiter cette ville. Nous avons passé à peu prés dix jours à Varsovie, ce qui est plutôt raisonnable comme durée de séjour, cela nous a permis de découvrir la ville tranquillement. Cependant, Varsovie est une ville plutôt paradoxale. A mon sens, cela est du au fait que la ville a été à plusieurs reprises détruite lors des conflits armés, puis reconstruite en période de paix; mais également du fait de l’impact du régime communiste sur la ville. Je parle de paradoxe puisque d’un côté Varsovie reste imprégnée du souvenir du Stalinisme, cela est évident lorsque l’on aperçoit l’architecture communiste qui prédomine la ville, mais en même temps la capitale n’est pas complètement absorbée par ces bâtiments gris et monotones comme certaines personnes pourraient le croire, même si ces constructions sont effectivement démunies de charme et de caractère. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, les habitants ont tristement du constater que 85% de la ville a été complètement rasée. La reconstruction de la ville a eu lieu par vagues, de 1946 à 1962. Malheureusement, tous les palais et églises n’ont pas été reconstruits, dans la ville on peut apercevoir de simples fragments de monuments qui ont été épargnés. Je pense notamment au Palais « Saski », où il ne reste plus que le Tombe du Soldat Inconnu qui a survécu, par hasard, à l’attentat des Nazi au mois de novembre 1944. Cependant, la plupart des monuments historiques situés dans la vieille ville de Varsovie ont été reconstruits à l’identique, avec une précision minutieuse. A ce sujet, j’ai acheté un livre très intéressant intitulé « Warszawa, Destroyed and Rebuilt » qui montre des photos de la capitale avant la guerre, les ruines, et puis la reconstruction.

Palais « Saski » (page de gauche) et le Tombe du Soldat Inconnu aujourd’hui (page de droite)

Le Château Royal

La Place du Marché

Varsovie reste évidemment très marquée par son passé, et tout au long de notre séjour dans cette ville on croisé des monuments dédiés aux victimes de la guerre, surtout dans le quartier de l’ancien Ghetto de Warszawa. Nous avons visité le musée de l’Histoire de Varsovie, ce qui m’a vraiment permis de comprendre le déroulement de la Seconde Guerre Mondiale vu par les polonais, cette visite m’a également éclairée l’impact dévastateur que la guerre a eu sur la ville. Aujourd’hui la ville est redevenue paisible, et c’est très dur d’imaginer toutes les horreurs qui ont du se produire sur son territoire.

La capitale dissimule parmi l’architecture communiste un tas de petites merveilles. On découvre avec joie une multitude d’églises, de cathédrales, de palais, et de petites ruelles vraiment charmantes. Parmi toutes les visites que nous avons effectuées, j’ai particulièrement aimé la Place du Marché (Rynek starego miasta), qui conduit à la Place du Château (Plac zamkowy), ainsi que la visite du Palais Lazienkowski et le Palais Wilanow. J’ai constaté un contraste étonnant entre les monuments grisâtres du communisme et ces délicieuses découvertes, où l’architecture s’affiche toute en couleur.

Palais Lazienkowski

Palais Wilanow

Varsovie reste une ville relativement peu touristique, et les prix sont très peu onéreux pour tout ce qui est hébergement et restaurantation. On a découvert une multitude de restaurants et de salons de thé vraiment délicieux. Je peux donc vous recommander le salon de thé « E. Wedel» ainsi que le « Café Zamek » que j’évoquais hier. Le « Café Zamek », qui fait par ailleurs également salon de thé, est donc situé dans une aile du Palais Royal de Varsovie, qui était autrefois la résidence officielle des rois de Pologne. Le Palais (dit Zamek Krolewski) se trouve au cœur de la vieille ville de Varsovie (dite Stare Miasto). Ce restaurant est situé dans un cadre somptueux, les plats sont vraiment exquis, le service irréprochable et le décor est vraiment merveilleux. Je vous propose ces quelques images du restaurant, issues de leur site internet.

Le Restaurant

La Terrasse

Le Salon de Thé

Photographies érotiques du début du siècle dernier

J’étais en train de discuter avec ma mère des ces vieilles cartes postales que j’avais récemment acheté dans une brocante lorsqu’elle m’a parlé de quelques photographies érotiques qu’elle a acheté dans un bric-à-brac il y a déjà plusieurs années. On a réussi à retrouver trois photographies, ainsi qu’une carte postale représentant une photo qui date de 1894. Les trois photographies semblent dater des années 1920 vu la coiffure que portaient ces femmes ainsi que leur manière de se positionner par exemple. Ce qui est un peu dommage c’est que ces trois dernières photographies ont été placées dans un cadre, et avec la lumière, les clichés ont changé de couleur. En effet, ces photographies étaient de couleur sépia à l’origine, mais maintenant, et comme vous pouvez le constater, elles sont devenues plutôt « vertes ». Néanmoins, comme je m’intéresse à la photographie ainsi qu’aux années folles, c’est toujours plaisant de les regarder, ces quelques clichés n’ont vraiment pas perdu leur charme ! J’ai enlevé une de ces photographies de leur cadre pour que vous puissiez voir la différence de couleur entre la partie exposée et la partie demeurée couverte pendant toutes ces années.

Pour ceux et celles qui sont intéressé(e)s par l’art et l’érotisme des années 1920, voir ce billet sur les cartes postales érotiques des années folles.

Les « pin-up »

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les G.I américains punaisaient les dessins ou photos de leurs starlettes sensuelles, appelées « pin-ups », aux murs de leurs casernes. Si c’est essentiellement aux Etats-Unis pendant les années 1940 que le phénomène s’est développé, cette pratique a rapidement gagnée le mode entier. En effet, pendant les années 1940 et 1950, on a pu apercevoir des photographies et dessins de « pin-ups » sur de nombreux calendriers, sur les « cartes d’art » (petites vignettes à collectionner), dans les magazines et journaux, sur les posters, sur des jeux (tels que les cartes), et même sur les carlingues des avions au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Ce qui est intéressant pour les admirateurs de cet art, c’est que les photographies et dessins des « pin-ups » respectent des règles bien précises, en effet, on peut noter que l’individualité de chaque production est obtenue par la combinaison de trois éléments : le corps, le costume et la posture. Ce que j’aime bien dans les dessins des grands artistes « pin-up » c’est le visage de ces femmes, leur expression traduit une simplicité, un sourire complaisant, un rire, une certaine légèreté… La pin-up est tout simplement une jeune fille simple et très fraîche, elle est très loin de nos » sex-symbols » actuels. La pin-up n’est jamais vulgaire, et je trouve que les dessins emblématiques des artistes tels que Charles Gibson, Gil Elvgren et Alberto Vargas traduisent une sensualité innocente qui est aujourd’hui désuet.

J’aime particulièrement les images issues des calendriers de l’époque, et j’ai la chance d’avoir trouvé le calendrier d’Alberto Vargas qui date de 1944 sur un site vraiment charment. Je vous laisse avec ces jolies images à contempler, et je vous donne l’adresse du site internet pour les passionné(e)s : http://www.noseart.ch Il s’agit en réalité d’un site dédié au « noseart », le terme utilisé pour parler de ces peintures que l’on pouvait trouver sur les avions pendant WWII.

Brocante du dimanche

Dimanche dernier, je suis allée faire un tour dans une brocante avec mon ami H. Malgré la pluie, qui est tombée sur la Bretagne quasiment tout le week-end d’ailleurs, j’ai réussi à trouver ces jolies cartes. La première représente un soldat qui se penche sur une belle demoiselle qui porte des bas noirs ainsi que des petites chaussures vraiment adorables. Sur la carte, ces quelques mots sont imprimés : « Le baiser c’est un rien et c’est toute la vie… C’est le festin d’amour auquel je te convie ». Cette carte postale n’a pas été écrite, mais je pense qu’elle doit dater des années 1910. Cependant, si quelqu’un a une idée plus précise de la date de parution de cette carte, vous pouvez m’en faire part ! La deuxième carte postale représente une jolie dame, avec une très belle robe ainsi qu’une ombrelle recouverte de dentelle. Un monsieur lui tend un appareil photo. Quelques lignes ont également été imprimées sur la carte, par contre je suis incapable de les déchiffrer ! La carte a été postée, quelqu’un a écrit une dizaine lignes au dos le 1er août 1909. C’est vraiment charment, émouvant même, de savoir que quelqu’un a choisi cette carte, a pris le temps de l’écrire et de la poster, et que maintenant elle est en ma possession.

La Mode des Années 1950

Etant admirative des esthétiques rétro, j’ai récemment acheté un livre dédié à la mode des années 1950, composé pour sa grande majorité de publicités anciennes. Ce petit bouquin, intitulé « 50’s Fashion , Vintage Fashion and Beauty Ads » est vraiment un bijou, je pourrais passer des heures à contempler ces vieilles publicités. J’aime les silhouettes féminines des années 1950, où les petites vestes et robes structurées prennent étroitement la taille pour ensuite s’évaser en une jupe ample et ondulante. La première collection haute couture de Christian Dior en 1947 lance cette mode, baptisée le « New Look » par l’incontournable Carmel Snow, la directrice de Harper’s Bazaar. Certains vont critiquer cette mode, qui utilise des quantités généreuses de tissu dans un souci purement esthétique, alors que les souvenirs du rationnement sont malheureusement encore trop présents.

La collection de 1947 développe donc le thème de la femme fleur : « épaules douces, tailles fines, hanches arrondies, nouvelles longueurs rendant tout le mystère de la jambe ». Malgré les critiques, au début des années 1950, la jupe ample est largement copiée, et les femmes ne quittent plus leur maison sans un maquillage impeccable, une coiffure soignée et leurs jupons amples. Le « New Look » donne naissance à la silhouette de type « sablier », où la poitrine généreuse contraste radicalement avec la finesse de la taille. Cette esthétique reste à mon sens l’idéal féminin, où la volupté se dessine toute en courbes.

A partir des années 1954, Christian Dior propose des collections se référant à la géométrie des lignes H, A et Y, où la taille est beaucoup moins marquée. La dernière ligne de Christian Dior, la collection « fuseau » qui date de 1957, poursuit le souci d’une silhouette élégante, allongée mais délivrée de toutes contraintes.

Quel que soit le style choisi, après la Seconde Guerre mondiale, les vêtements ornent les corps des femmes, et de nouveaux accessoires tels que les soutiens-gorges pigeonnants, les gaines et les talons aiguilles permettent d’atteindre les formes convoitées.

Voici quelques publicités américaines se référant à la mode féminine que je trouve particulièrement charmantes, tirées du livre « 50’s Fashion » :

http://www.amazon.com/All-American-Ads-50s-Jim-Heimann/dp/3822811580

« We need to talk about Kevin »

« We need to talk about Kevin » reste le livre le plus choquant et marquant que j’ai lu cette année. Dans son roman épistolaire, l’écrivaine et journaliste américaine, Lionel Shriver tente de comprendre un phénomène social malheureusement beaucoup trop courant, les adolescents qui deviennent des meurtriers. Ce récit-enquête témoigne des relations troubles entre une mère indifférente et son fils, qui présente dès son plus jeune âge un trouble de comportement. Au cours du livre, on découvre les silences, les gestes et les mots de Kevin, son fils sadique. Le roman tente d’explorer une question brulante : la cruauté de Kevin est elle innée ou alors acquise ? Eva, la mère égoïste de Kevin se remet en question tout au long du roman, elle s’interroge sur sa part de culpabilité dans le massacre que Kevin va exécuter, avec une précision terrifiante.

Etant anglophone, j’ai lu ce roman en anglais, mais il me semble que vous pouvez également trouver ce livre en français. Le titre est resté le même : « Il faut qu’on parle de Kevin ».

« We need to talk about Kevin » a reçu le prestigieux “Orange Prize”, un prix qui peut être accordé aux écrivaines de n’importe quelle nationalité, du moment que leur livre soit écrit en anglais.

En 2005, la BBC aurait acheté les droits d’auteur dans le but de transformer ce roman poignant en film, et il semblerait que le tournage doit commencer fin 2008. J’avoue que cette nouvelle me laisse relativement perplexe.

Lectures Estivales

Pendant l’année universitaire, parfois je ne lis pas autant que j’aimerais, donc les vacances sont un excellent moyen de me rattraper. Cet été je ne lis rien de particulièrement « lourd », j’ai surtout choisi des livres faciles à lire, de petites nouvelles à emporter avec moi à la plage… Cependant je remarque que parmi les cinq livres ainsi photographiés, deux d’entre eux ont tout de même des connotations juridiques, comme quoi je reste plutôt fidèle à mon domaine d’études, même pendant l’été. Sans ordre de préférence, cet été je vais donc lire « Pierre et Jean » de Maupassant, « Les Adieux à la Reine » de Chantal Thomas, « Traité sur la Tolérance » de Voltaire, « Des Nouvelles de l’au-delà » de Ji Yun et « Le Coup de Grâce » de Marguerite Yourcenar.

Ce matin, je lisais « Le Coup de Grâce », une histoire qui reprend la thématique du triangle amoureux entre trois jeunes gens, dans un décor désespérant, ravagé par la guerre. Avec ce roman, M. Yourcenar évoque des propos liés aux histoires d’amour tragiques, tels que l’attirance, les mensonges, l’érotisme et la folie. Je sais d’ores et déjà que je vais préférer ce roman court au dernier livre que j’ai lu de M. Yourcenar, « L’œuvre au Noir ».

Lectures Estivales

Cartes postales érotiques des Années Folles

J’ai toujours aimé les cartes postales, et depuis peu je m’intéresse particulièrement à ces images que l’on a pu trouver au début du 20ème siècle. En effet, après l’invention de la carte postale en Autriche en 1873, ce mode de communication était devenu omniprésent au début des années 1910. En 1914, les français ont envoyés près de 800 millions de cartes. Ces correspondances aidaient les soldats partis au front, ainsi que leurs épouses restées en France à en quelque sorte s’évader, à oublier les horreurs de la guerre. Après la censure imposée pendant la Grande guerre, c’est dans les années 1920 que la libération des mœurs prend de l’importance. Parmi ces cartes postales, j’ai une petite préférence pour les cartes « érotiques » où l’on voit de jolies demoiselles s’afficher dans un décor souvent exquis. J’adore contempler le mobilier des années folles, les jolies petites commodes, les coiffeuses avec leurs flacons à parfums, vaporisateurs, boîtes à poudre… J’ai également un faible pour les photographies qui ont été coloriées à la main, où l’exagération des couleurs traduit une sensualité et un romantisme qui est aujourd’hui désuet.

Puisque an image speaks a thousand words, voilà pour vous quelques photographies que j’aime particulièrement.

Pour les passionné(e)s, voilà quelques sites intéressants:

Et un livre: « Sous le Manteau » http://www.amazon.fr/Sous-manteau-Cartes-postales-%C3%A9rotiques/sim/2081212404/1832?ie=UTF8&pf=dvd

EDIT: Je m’aperçois que cet article plait énormément, donc voilà les liens vers d’autres billets du même genre, où vous pourriez trouver encore plus d’images érotiques d’antan, ou bien de la lingerie d’inspiration rétro.

The Hulton Getty Picture Collection 1920

« The Hulton Getty Picture Collection » dédié aux années 1920 vaut assurément un coup d’œil si les années folles vous intéressent de loin ou de près. Ce petit livre contient des centaines de photographies émouvantes, qui traduisent l’esprit de cette décennie. Les photographies sont organisées autour de onze thèmes. Vous pouvez donc trouver dans cette collection des photographies qui représentent les « progressistes et agitateurs », les « nantis et les démunis », le travail, les loisirs, la mode et les arts ainsi que les moyens de transport de l’époque, entre autres. Pour les admirateurs du « Jazz Age », Hulton Getty ne vous apprendra pas grand chose; en effet l’introduction est plutôt légère et les résumés de chaque thème ne contiennent pas de nouveautés bouleversantes, cependant les photographies et leurs légendes restent intéressantes à regarder et à admirer.

Voici mes photographies préférées:

Une des femmes pompiers de la brigade féminine. Londres, avril 1926

Une femme agent de police chasse une bande de garçons qui nageaient nus dans le Serpentine à Hyde Park. Londres, 1926

Le distributeur automatique de la gare de Paddington. Londres, 1929

Ninette de Valois, danseuse à Covent Garden. 1928

La mode de Palm Beach, 1925.

Joan Crawford, 1929

« Nouvelle Donne »

« Nouvelle Donne », le premier film de Joachim Trier, un jeune norvégien ayant fait ses études à l’école de cinéma de Londres, a sans doute été le film le plus intéressant que j’ai vu cette année. Deux amis, Erik et Phillip, ont une ambition commune, qui est de devenir écrivains. Le manuscrit d’Erik est rejeté tandis que Phillip devient un symbole de la scène culturelle norvégienne. Cependant, Phillip vit mal son succès, et se retrouve à l’hôpital psychiatrique. « Nouvelle Donne » traduit à la fois l’espoir des rêves de la jeunesse intellectuelle norvégienne, mais sombre dans une ambiance dépressive lorsque le réalisateur démontre les angoisses et la folie liée à la créativité des jeunes écrivains. Joachim Trier a su démontrer les conflits internes des deux amis à travers un travail cinématographique ponctué de flashbacks et de scènes fantasmatiques où la réalité se mêle à l’imagination des personnages.

http://www.nouvelledonne-lefilm.com