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Style on Trial : The 1950s

Après les années 1940, voilà que nous allons pouvoir papoter des années 1950! J’ai donc enfin trouvé le temps de faire mes captures d’écran, et je vais essayer de vous résumer l’émission; que j’ai d’ailleurs trouvé beaucoup plus intéressant que celle consacrée aux années 1940. Pourquoi? Eh bien parce que j’ai appris des choses avant tout!

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Au début des années 1950, la société anglaise était très conservatrice, et c’était avant tout la famille royale et la bourgeoisie qui étaient photographiés dans leurs belles robes de créateurs. La mode était vécue comme quelque chose de noble.

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Cependant, tout cela allait très rapidement changer avec le New Look de Christian Dior, déjà lancé en 1947, et qui a rapidement gagné en popularité au début des années 1950 en France, et ensuite en Angleterre.

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Un des invités sur l’émission, David Sasson, était étudiant en mode pendant les années 1950,  et a raconté ses expériences chez Dior et Balenciaga. D. Sasson est devenu par la suite un grand couturier anglais, qui a habillé la famille royale pendant des années. Apparemment C.Dior était très stressé à l’idée d’être copié trop tôt. Il voulait toujours être le premier à avoir de nouvelles idées, mais était très content de vendre une de ses pièces à un grand magasin plus tard pour que le patron puisse être reproduit et modifié. C’est pendant les années 1950 que le « high street » a vu sa naissance. J’entends ‘high street’ par la naissance de grands magasins qui reproduisent les tenues des couturiers à moindre frais. En effet, ces grands magasins achetaient une pièce Dior à Paris, et ensuite dans les ateliers, le retravaillait pour que cela puisse être vendu en masse. En Angleterre, Marks & Spencers et Burton étaient très populaires.

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Chez Balenciaga, il fallait payer l’équivalent de £1000 juste pour voir le défilé, avant même d’acheter quoi que ce soit. Les passeports des étudiants étaient toujours vérifiés afin de se protéger contre des éventuels espions qui pourraient ’emprunter’ les idées des plus grands créateurs.

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En Angleterre, tout le monde surveillait Paris, qui était vu comme la capitale de la mode, au détriment des designers anglais. Ce qui était vraiment intéressant dans l’émission, c’est que justement, ces créateurs anglais ont été évoqués. Pour moi c’était vraiment une découverte, car je ne connais que très mal ce qui se faisait dans mon propre pays pendant les fifties. Il faut dire que dans tous mes livres sur l’Histoire de la Mode, on focalise énormément sur Paris, mais il y avait vraiment des choses très intéressantes à vois aussi à Londres.

En effet, à cette époque existait la « Incorporated Society of London Fashion Designers« . C’était une sorte d’association officielle entre les designers influents de l’époque. Cette association a été mise en place pendant en 1942 afin de créer le « utility clothing‘ »dont on a parlé la dernière fois. Le ‘utility clothing’ a été produit en masse pendant la guerre, en faisant le plus d’économies que possible sur les matières utilisées. C’était des vêtements destinés à habiller les femmes qui devaient désormais travailler à l’usine par exemple. Après la guerre, la « Incorporated Society » a continué à créer des vêtements, en profitant de la liberté d’utiliser de nouvelles matières, sans restriction sur la qualité ou quantité. Cette société regroupait plusieurs personnes très influentes: Captain Molyneux, Norman Hartnell, Digby Morton, Victor Stiebel, Angèle Delange, Peter Russell, Madame Bianca Mosca et Hardy Amies, dont je vous ai parlé hier.  Ces designers montraient leurs collections juste avant les défilés de Paris, ce qui était regrettable car la plupart de la presse anglaise était déjà à Paris lorsque les anglais montraient leurs nouveautés.

Aujourd’hui, une robe Hardy Amies des années 1950 n’a pas du tout le même cachet qu’une robe Givenchy de la même époque. Les présentateurs de l’émission étaient d’accord pour dire qu’à Londres, il y avait de très belles choses, mais que le flair parisien était absent. Il devait manquer le fameux « je-ne-sais-quoi »! Néanmoins, c’est un sujet qui m’intéresse vraiment, et je pense que cela mérite d’être creusé un peu. Regardez un peu ces merveilles:

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Norman Hartnell – Fin des années 1940

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Digby Morton – 1952

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Victor Stiebel 1951

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Victor Stiebel 1956

Voilà un petit aperçu des défilés anglais:

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Les différences entre les styles étaient quand même notables, et il y a apparemment eu des petites controverses sur la longueur idéale pour les jupes au quotidien. Dans une publicité de l’époque, on a expliqué la situation:

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Toute à gauche, voilà la position de l’Angleterre. Au centre Paris, et à droite Rome. On a même mesuré la différence entre les trois!

Ce qui était également intéressant c’était les réflexions sur les mannequins de l’époque. David Sasson a raconté comment les mannequins savaient vraiment marcher à cette époque, sans croiser leurs jambes comme on le fait de nos jours. Il faut aussi réfléchir au fait qu’il n’y avait pas de musique pour accompagner les défilés à cette époque, donc que la présence des mannequins devait être vraiment forte. Être mannequin était un métier prestigieux, et les modèles épousaient souvent des nobles.

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Concernant les hommes, il y n’y avait pas de changement radical au début des années 1950. En effet, les jeunes hommes voulaient ressembler à leurs pères, et il n’y avait que très peu d’innovations dans la société anglaise. Un extrait d’une émission des années 1950 a montré la réaction des hommes anglais conservateurs concernant les innovations parisiennes. C’était vraiment très drôle, et assez moqueur des français!

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….Voilà donc nos gentlemen anglais

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…Et ici ce qui leur a fait sourire! Pourtant je trouve que la fantaisie n’est pas exactement au rendez-vous dans ces deux clichés!

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Les jeunes hommes s’inspiraient des stars de l’époque…

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… Mais tout cela allait prendre une très grande ampleur avait l’apparition du rock ‘n roll, des nouvelles stars américaines, des nouvelles matières, et la démocratisation des jeans et du sportswear par exemple.  Les adolescents se réveillent et créent leur style!

Avec le sportswear, les hommes se sont permis un peu de fantaisie, et les designers se sont mis à jouer avec les matières nouvelles, qui sont facilement lavables, et qui durent plus longtemps.Voilà un exemple de sportswear de l’époque pour les hommes: petites chemises et foulards!

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Pour terminer, une réplique d’une publicité qui vantait les mérites des nouvelles matières m’a vraiment bien fait rire: « …But how many women would want to wear clothes that last for ever? Poor things! »

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Voilà ce que l’émission a pu me raconter pendant une petite heure! J’espère que cela vous a plu!  Tout cela bien sûr dans l’optique de trouver quelle décennie était le plus « stylish ». Remarquez, on ne dit pas chic ou élégant, mais « stylish »…Ne me demandez pas la définition; pour le coup je suis plutôt confuse.

Je n’ai regardé donc que les émissions concernant les années 1940 et 1950. Mais j’ai également eu le malheur de regarder la décision du jury tout à la fin de la série…Bon, ils auraient apparemment analysé les années 1940, 1950, 1960, 1970, 1980 et 1990… Et devinez quelle décennie ils ont choisi? Allez devinez! Je vous dirai ce week-end…

Bonne soirée!

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Hello Darlings! I’m sure that most of you have been able to watch « Style on Trial : the 1950s » on the BBC, so I think that you only need a very brief outline of the show.

The fashionable 1950’s started out with a focus on the Royals and the aristocracy as being the ultimate style icons of that period. There was an idea of looking impeccable for formal occasions; one dressed for dinner, to go to the opera and even to fly. In terms of fashion designers, London was most often overshadowed; as all eyes were on Paris at this time. Dior, Balenciaga and Givenchy took the centre stage with their collections.

The most interesting part of the show was when the presenters talked about the Incorporated Society of London Fashion Designers. I know little or nothing about British fashion designers in the 1950s, so it was interesting to learn something. I look forward to doing some personal research on the works and designs of Captain Molyneux, Norman Hartnell, Digby Morton, Victor Stiebel, Angèle Delange, Peter Russell, Madame Bianca Mosca and Hardy Amies.

In the final part of the documentary, they talked about the Rock n’ Roll culture where dressing down became cool. Marilyn Monroe, James Dean and Marlon Brando made jeans, leather jackets and sportswear fashionable.

I feel that the 1950s represent the golden age of style and glamour. However, did the ‘jury’ finally choose the 1950s or even the 1940s as the most stylish decade? Did they heck!


« Style on Trial » The 1940s

Hier soir, j’ai regardé un documentaire très intéressant sur le style des années 1940. « Style on trial » a été diffusé sur la BBC la semaine dernière me semble t-il, cependant n’ayant pas de télévision à la maison j’ai seulement pu rattraper mon retard lors de la mise en ligne de l’émission sur i-player. Je ne suis pas certaine, mais il me semble que ce service génial n’est disponible qu’en Grande-Bretagne. Il vous reste à guetter You Tube pour une éventuelle mise en ligne!

Pour revenir à l’émission, le principe est quand même un peu idiot. « Style on trial » est un documentaire qui comporte sept parties, chaque partie représente une décennie, et aura pour but de présenter le style de l’époque.  A la fin de ces documentaires il y aura apparemment un vote des présentateurs qui consistera à décider quelle décennie représentait au mieux l’élégance britannique. Soit. Notez aussi chères amies que j’ai regardé la première émission. Oui oui, ils ont décidé de complètement ignorer les années folles et les années 1930. Étrange.

« Style on trial » n’apprendra rien aux connaisseurs, mais a eu l’avantage de me divertir pendant une bonne heure, avec ses vidéos d’époque et  les discussions entre Immodesty Blaize et le très craquant Laurence Llewelyn-Bowen.

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Critique à part, le documentaire a réussi à montrer la plupart des aspects intéressants des années 1940, en commençant par le rationnement des vêtements.

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Toute la propagande gouvernementale intitulé « Make-do-and-Mend » a été évoqué. On souhaitait  faire comprendre aux familles de classe moyenne qu’il fallait commencer à recycler et réparer les vêtements anciens à défaut de pouvoir en acheter d’autres. Un livre du même titre a également été écrit par le gouvernement, et a apparemment eu un grand succès! Toute cette doctrine était incarné en un personnage, intitulé « Mrs Sew and Sew ». On voyait des colonnes dans les journaux, et même dans le Vogue anglais, qui reprenaient des conseils pour économiser et limiter les dépenses. Le tout était illustré par des vidéos de l’époque qui expliquaient comment recycler un chapeau d’homme en chapeau féminin élégant, ou encore comment coudre un maillot de bain à partir de vieilles serviettes ou draps.

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Le documentaire a également insisté sur le travail des femmes dans les usines, et le changement que cela a entraîné au niveau de la coiffure et de la tenue.

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Cette coiffure, que je ne connaissais pas, s’appelle « The vingle ». La raie dessine un « V » sur la tête, et signifie tout simplement « V for Victory ». Des volontaires pour essayer?

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Les talons et semelles commençaient à être fabriqués en bois…

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Et les bas étaient quasiment introuvables.

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L’apparition des patrons et de matières nouvelles a commencé également à se faire sentir dans les années 1940, ces deux choses ont changé la façon de concevoir la mode, la rendant plus accessible.

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Le documentaire a forcément parlé de l’effet de l’occupation Parisienne sur la haute couture. Les activités douteuses de Coco Chanel ont également été brièvement évoquées.

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L’émission termine sur le style New Look de Dior: le retour à la féminité, à la volupté, à l’excès… Ce qui n’a pas été sans controverse.

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A défaut de pouvoir voir l’émission, j’espère que les captures d’écran vous ont plu! La semaine prochaine, ce sont les années 1950 qui vont être soumis au débat!

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Like what you see? Then off you must go and watch « Style on trial », a documentary that looks at British (and French!) fashion and style in the 1940s. From make-do-and-mend to corsets, wartime uniforms to Chrsitian Dior; the main aspects of the 1940s are all covered!

You can watch the progamme on the BBC website, I believe that you have another 24 days to do so… Toodle-pip for now!